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La plus limpide région

par Carlos Fuentes

( Livre )
Gallimard
Collection Du monde entier
Langue d'origine : espagnol (Mexique)
Traduit par Robert Marrast
1964, 26.6 euros

ISBN : 2070226085

Ce roman, publié en 1958, le premier de Carlos Fuentes, est une sorte de biographie de la ville de Mexico et une critique de la société mexicaine dont la signification est à rechercher dans un passé autant mythique qu'historique. Ce livre a valu la notoriété à son auteur.

On pourrait comparer cette œuvre fougueuse et violemment lyrique à un puzzle gigantesque dont les pièces innombrables auraient été démontées, dispersées, puis à nouveau rassemblées en désordre. Si le centre même du livre - la pièce maîtresse du puzzle morcelée elle aussi - est situé à Mexico au cours de l'année 1951, les mille fragments qui viennent l'interrompre se jouent sur plusieurs plans où le temps et l'espace tour à tour se juxtaposent et se brisent. La bourgeoisie, le prolétariat, l'aristocratie se disputent successivement le pouvoir, les privilèges du luxe et de la mauvaise foi. Là où se jouaient autrefois l'héroïsme et le goût du sacrifice, triomphent aujourd'hui l'égoïsme, l'abjection, et la passion d'opprimer chez ses héros les plus purs.

D'étranges figures humaines (prostituées et princesses, écrivains et actrices, politiciens, industriels et chauffeurs de taxi) tracent, à travers ce fourmillant tableau, des trajets qui, malgré une succession de ruptures ininterrompues, construisent petit à petit, avec un admirable sens de la mémoire et de l'observation, l'architecture du Mexique contemporain et de la société encore informe qui le compose.

« Ce livre marque un tournant dans la littérature mexicaine car il rompt avec la sensibilité rurale et l’optimisme enthousiaste des "romanciers de la Révolution ". Récit du désenchantement, il inaugure le cycle de la ville et de son chaos. Sa principale protagoniste est Mexico, ville gigantesque qui n’avait pas encore eu sa traduction littéraire. Le roman explore sa réalité tentaculaire, entre dans la vie de ses hommes et femmes pour raconter l’échec des idéaux révolutionnaires et l’emprise de la corruption et du cynisme. Mexico devient pour Fuentes ce que Paris fut pour Balzac, Buenos Aires pour Borges, Manhattan pour Dos Passos. C’est son "territoire" à lui, auquel Fuentes a érigé de livre en livre un monument émouvant, faits de mots et de fantasmes dignes de sa démesure urbanistique. » (Tirthankar Chanda, RFI, 13 mars 2009)

La región más transparente (titre original)
Préface : Miguel Angel Asturias

 
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