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Poète (Le)

par Yi Munyol

( Livre )
Actes Sud
Collection Babel
Langue d'origine : coréen
Traduit par Ch'oe Yun et Patrick Maurus
2001, 244 p., 6.86 euros
Première édition : 1992
ISBN : 274273421X

Yi Munyol, lui-même fils de « traitre » (puisque son père est passé au Nord), évoque la destinée de Kim Sakkat, le grand écrivain coréen du XIXe siècle dont les épreuves furent plus difficiles encore pour arriver à se faire reconnaître comme autre chose que le produit d’un choix scandaleux qui lui est étranger.

« Le Poète est, à l'évidence, le roman de deux destins piégés. Kim Sakkat, dont l'existence tout entière se déroule vers la fin de la dynastie Joseon, est à la fois un miraculé et un être déchu pour une faute qu'il n'a pas commise. Son grand-père, qui était gouverneur d'une ville de garnison, a commis, en effet, un crime inexpiable aux yeux de la cour : il a cédé face à une révolte populaire et, sitôt capturé, s'est rallié à la cause des émeutiers en rédigeant une fervente proclamation insurrectionnelle. Des troupes gouvernementales venant à reprendre le contrôle de la situation, il est promptement exécuté et, avec lui, trois générations de sa famille qui, suivant l'usage de l'époque, devaient aussi payer pour cette trahison.

Un enfant pourtant échappe à ce massacre légal, il s'appelle encore Kim Byongyon. Il est vivant et marqué à vie. Sans aucun espoir de carrière en raison de la tache léguée par son grand-père, il va devenir un marginal scandaleux, poète errant dont les poèmes courent de bouche en bouche et ne laissent aucune autre trace. On le surnomme alors "Sakkat" : ce mot désignant le chapeau de bambou qui le protège de la pluie tout en lui permettant, suggère la légende, de se cacher du ciel. » (extrait d’un article d’André Velter, Le Monde, 2 Octobre 1992)

« "Ceux qui vivent à la dérive ne sont pas tous des poètes, mais tous les poètes vivent à la dérive", écrit ici Yi Munyol... Tel sera le sort de son héros, le talentueux Kim Sakkat, enfant d'une famille brutalement déchue de son rang, et qui dès son jeune âge grandit dans l'espérance de reconquérir l'honneur par l'éclat de sa poésie.
L'écriture et les chemins de la liberté, l'engagement et les illusions de la carrière, l'ambition ou l'abnégation dans l'art véritable : tels sont les thèmes de ce roman fervent qui tend aux fonctions sociales de la littérature le moins complaisant des miroirs.

Au cœur de sa méditation pleine d'inflexions autocritiques, Yi Munyol laisse entrevoir les déchirures de l'histoire coréenne, et les vertiges de cette "dissidence intime" qui fait de lui, assurément, le plus grand écrivain de son pays. » (présentation de l’éditeur)

Préface et traduction de Ch'oe Yun et Patrick Maurus.

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