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Purge

par Sofi Oksane

( Livre )
Stock
Collection Cosmopolite
Langue d'origine : finnois
Traduit par Sébastien Cagnoli
2010, 480 p., 21.5 euros

ISBN : 978-2234062405

En 1992, l’union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.
Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille va se révéler, en lien avec le passé de l’occupation soviétique et l’amour qu’Aliide a ressenti pour Hans, un résistant. La vieille dame va alors décider de protéger Zara jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix.

Sofi Oksanen s’empare de l’Histoire pour bâtir une tragédie familiale envoûtante. Haletant comme un film d’Hitchcock, son roman pose plusieurs questions passionnantes : peut-on vivre dans un pays occupé sans se compromettre ? Quel jugement peut-on porter sur ces trahisons ou actes de collaboration une fois disparu le poids de la contrainte ?

« Dans sa cuisine ce matin-là, Aliide a lâché la mouche pour l’ombre dans sa cour. Purge peut commencer. Deux femmes en face-à-face, deux générations, à première vue originaires de deux pays hostiles. Zara, l’intruse loqueteuse débarquée sous les bouleaux d’Aliide, vient de Russie, de Vladivostok, et pourrait être sa petite-fille. Le roman est bâti sur leur confrontation, sur ce qu’elles retiennent de non-dits et d’horreurs, progressivement relatés par flash-back intérieurs de 1944 à 1991 et entrecoupés de lettres. Les mensonges protègent du regard de l’autre, et surtout de soi-même. Elles n’ont trouvé que ce bouclier-là pour survivre au désespoir qui cerne.

Aliide a vécu l’occupation allemande puis les purges staliniennes. La couverture de communiste soumise endossée toutes ces années lui vaut les avanies des vengeurs issus de la toute fraîche indépendance estonienne. Voilà pour les cailloux contre sa porte, presque dérisoires. Zara est fille de la fin du communisme, emmenée un jour dans une Volga noire pour l’éden occidental où les femmes peuvent s’offrir des bas en soie, croyait-elle. Le voyage a fini à Berlin, dans un bastringue de putes, brutalisée par des mafieux russes qui la traitent en chair à billets, voire en terrain de test à de sordides tatouages. » (extrait d'un article de Frederique Roussel, Libération, 30 septembre 2010)

Ce roman qui a eu de très nombreux prix (Finlandia 2008, Médicis étranger 2010...) a été un succès d'édition en Finlande, comme à l'étranger.

 
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