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Que ferai-je quand tout brûle ?

par António Lobo Antunes

( Livre )
Christian Bourgois
Langue d'origine : portugais
Traduit par Carlos Batista
2003, 700 p., 27 euros

Un homme marié se travestit et se prostitue la nuit. Trente ans plus tard, son fils, Paulo, raconte sa propre descente aux enfers.

« Une quête, celle de Paulo, pour retrouver un monde calciné entrevu à travers le miroir de la chambre de ses parents. Une famille dont il a été cruellement exclu. Son père, un clown à la poitrine gonflée qui, chaque soir, après son spectacle, rentre avec un amant différent. Sa mère, obsédée par le parfum des mimosas, qui se vend pour un quart de vin et l’illusion d’être caressée par un mari perdu.

Que ferai-je quand tout brûle ? Un récit sur les cicatrices honteuses et douloureuses de l’enfance qui font de nous ce que l’on est : un père travesti, une mère légère, une serveuse qui rêve de dynamiter une geôle, un pauvre vieux qui, depuis sa mansarde, croit régenter le monde. Que fera-t-il quand tout brûle ? Retourner sur cette plage hantée par le cadavre de son père et, comme lui, presser le piston, fuir, ou bien écrire pour que le passé jamais ne brûle ? » (présentation de l’éditeur)

« Tous les personnages participent au flux, l’entrecoupant de leurs propres paroles; il ne s’agit pas cependant d’un éclatement des subjectivités à la Faulkner, mais d’un seul lyrisme amalgamant toutes les voix. D’ailleurs, toutes ne sont peut-être finalement que celle, schizophrène, d’un Paulo investissant tous ces êtres qui l’entourent et sont pour la plupart soit morts, soit loin. C’est ce que semble indiquer l’exergue du livre : "Je suis toi et tu es moi; là où tu es, là je suis, et en toutes choses je me trouve dispersé. Quel que soit ce que tu découvres, c’est moi que tu découvres : et, en me découvrant, c’est toi-même que tu découvres". Déclaration liminaire qui résumerait la métaphysique de ce style : style incroyable, semblable à une inlassable incantation où les phrases rapportées, les anecdotes de l’enfance, les détails du passé strient le monologue comme autant de traumas. Le Antunes ancien psychiatre se sert de ces motifs obsessionnels de la douleur humaine afin que le Antunes poète transforme ce bégaiement névrotique en anaphores incantatoires qui font s’élever la spirale d’une beauté poétique incomparable. » (extrait d’un article de Romaric Sangars, Technicart, 2003)

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