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Recommencement (Le)

par Peter Handke

( Livre )
Gallimard
Collection Du monde entier
Langue d'origine : allemand
Traduit par Georges-Arthur Goldschmidt
1989, 264 p., 13.11 euros

ISBN : 2070715965

« Un quadragénaire descendant d'émigrés slovènes, Kobal, raconte comment il est parti d'Autriche, vingt ans plus tôt, sur les traces de son frère disparu en Yougoslavie. Des Alpes glacées au Karst et à l'Adriatique, il parcourt un entrelacs de vallées oubliées, de dialectes moribonds, de souvenirs familiaux sur le point de s'évanouir.
Son état de nomade-né l'aide à prendre la route. Les Kobal ont l'errance dans le sang, si fort qu'ils tiennent à leurs récentes racines. Les autres, dans le village, sont prêts à les adopter; ce sont eux, une fois à la maison, qui doutent de leur légitimité. L'ancêtre Kobal aurait été exécuté après avoir soulevé les paysans de Tolmin, les descendants auraient fui en Carinthie. Rien ne s'hérite comme la sensation de bannissement. Tout domicile devient illicite. Bien qu'il ait construit sa maison de ses mains, le père Kobal ne l'habite pas. Il s'autorise les seuls gestes séculaires, comme celui de poser durement son front contre le front de l'épouse.
La famille ne commence à se croire chez elle et à montrer du naturel que quand la nature la trahit, par exemple lorsque la mère tombe malade, car alors elle se fait raconter le dehors, le printemps. Raconter, toute liberté vient de là. Encore la tribu ne récupère-t-elle qu'en partie son dû. Sa vie demeure confinée aux marges. Le fils Kobal résume parfaitement l'aliénation du groupe : doublures d'eux-mêmes, au sens théâtral du mot, ils se font l'effet d'"attendre que les vrais tenants de leur rôle prennent en main une histoire" qui se dérobe. » (extrait d'un article de Bertrand Poirot-Delpech)

« Et le vent du Karst ? J'ose le mot : il m'a cette fois-là baptisé (comme il me baptise à nouveau aujourd'hui), jusqu'à la pointe des cheveux. Mais le vent baptismal n'a pas donné de nom à son filleul – n'était-ce pas le propre de la »joie« que d'être "sans nom" ? […] J'ai plus appris de ce souffle léger que du plus compétent des professeurs : aiguisant mes sens tout à la fois, il m'a montré dans l'apparent inextricable, dans la nature sauvage à cent lieux des humains une forme après l'autre, clairement distinguée, l'une complétant l'autre, et j'ai découvert dans la chose la plus inutile une valeur, et je suis parvenu à nommer les choses toutes ensemble. » (extrait)

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