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Requiem

par Antonio Tabucchi

( Livre )
10/18
Collection Domaine étranger
Langue d'origine : portugais
Traduit par Isabelle Pereira
1994, 121 p., 4 euros

ISBN : 2264019468

Le premier roma d'Antonio Tabucchi écrit en portugais

« C'est un récit bien extraordinaire, une "hallucination", un "rêve" portugais. Dans une ferme de l'Alentejo, par un dimanche caniculaire de juillet, le narrateur, un Italien qui lit à l'ombre d'un mûrier Le Livre de l'intranquillité de Fernando Pessoa, s'endort : il rêve qu'il erre par cette même après-midi "dans une Lisbonne déserte et torride" où il rencontre, indifféremment "des vivants et des morts". Requiem a été écrit directement en portugais. "Une histoire pareille ne pouvait être écrite qu'en portugais" explique Tabucchi dans une note liminaire, exigeait en tout cas "une langue différente, une langue qui soit un lieu d'affection et de réflexion". Pour ce Toscan auteur de récits singuliers, rien d'étonnant à ce que cette osmose ait pris le visage emblématique de Fernando Pessoa, figure tutélaire et ange protecteur, fantôme éternel de Lisbonne." » (présentation de l’éditeur)

« Requiem se présente sous la forme d'une errance dans une ville structurée comme un rêve : de jardin public en cimetière, de quai en maison-musée, de phare en café littéraire. " Quand j'écrivais à Paris, j'éprouvais une grande nostalgie pour Lisbonne. J'ai choisi le parcours que j'avais envie de faire. Je suis parti du quai d'Alcantara, la gare maritime, le débarcadère des grands transatlantiques, un lieu mythique, puis je me suis rendu dans le jardin voisin du Musée d'art ancien. Ensuite j'ai visité le cimetière où reposent des morts que j'ai aimés. Vivants et morts sont sur le même plan. "Des personnages venus de l'histoire littéraire ou de l'univers fantasmatique de l'écrivain visitent le narrateur et l'accompagnent dans une "déambulation qui est plutôt une hallucination qu'un rêve proprement dit."

Est-ce un roman ? "J'aurais de la peine, répond Tabucchi, à placer mes propres livres dans une bibliothèque. Ce sont plutôt des guides de voyage. Je ne suis pas conservateur avec les genres littéraires. Le roman est une invention assez récente, et le genre même de roman n'a plus de raison d'exister. Mes personnages frappent à ma porte. Ils veulent me raconter leur histoire et n'y parviennent pas. De mon côté, je tente de prêter l'oreille à ces fantômes. Le moment que je privilégie est celui où l'on passe de la veille au sommeil : les voix deviennent plus claires. La réalité devient enfin intelligible." » (extrait d’un article de René de Ceccaty, Le Monde, 9 avril 1993)

« Le cinéaste suisse, après l'écrivain italien Tabucchi, évoque les fantômes lisboètes et, parmi eux, l'énigmatique Pessoa. Aucun doute, Lisbonne sied à Tanner. Dans la ville Blanche en avait déjà fourni la preuve : alors qu'en 1983 le Genevois n'avait pas lu une ligne de Fernando Pessoa, il se signalait comme le plus saudadiste des cinéastes européens - et coulait harmonieusement sa caméra entre les ruelles tracées sur l'estuaire du Tage.(...)

Si on eût pu souhaiter que le réalisateur intervienne plus activement dans sa transposition du roman éponyme (transposition opérée grâce notamment au traducteur Bernard Comment), Requiem manifeste simplement que le talent du cinéaste est ailleurs. En un mot, dans sa faculté de faire avec. Faire avec l'inconnu, faire avec les contingences, faire avec ce que lui dictent d'autres. Ainsi, il aura fallu une oeuvre de 24 films - dont deux tirés de textes littéraires - pour réaliser à quel point Alain Tanner est un cinéaste de l'adaptation. A l'instar de son protagoniste, il sait surtout se laisser guider : moins passif, en réalité, qu'à l'écoute des voix multiples qui le traversent. »
(extraits d'un article de Katia Berger, Le Temps)

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