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Rétablissement de l'esclavage dans les colonies françaises 1802

par Yves Benot, Marcel Dorigny (direction de l'ouvrage)

( Livre )
Maisonneuve et Larose
2003, 592 p., 35 euros

ISBN : 2706816929

Aux origines d'Haïti, Ruptures et continuités de la politique coloniale française (1800-1830) : actes du colloque international tenu à l'Université de Paris-VIII en juin 2002.

« Nous savons que la Révolution a aboli l'esclavage en 1794; mais nous savons aussi que Napoléon l'a rétabli en 1802 », disait au Palais-Bourbon feu Houphouët-Boigny en 1947.

Ce rétablissement de l'esclavage et de la traite des Noirs, ainsi que du Code noir, par le premier Consul Bonaparte sont souvent passés sous silence par les commémorations des bicentenaires napoléoniens, que ce soit sous forme de livres, de spectacles ou de productions télévisuelles.
Le colloque international organisé en juin 2002, à l'université de Paris-VIII Saint-Denis, par l'association pour l'étude de la colonisation européenne 1750-1850, ne se proposait pas de simplement commémorer, mais d'ouvrir une réflexion sur cette décision régressive et ses répercussions.

Première conséquence de grande portée mondiale : l'indépendance de Haïti, première et seule insurrection d'esclaves noirs victorieuse, et par ses seules forces. À la Guadeloupe, en revanche, la reconquête triompha à force de massacres. Mais en bien d'autres lieux, le pas en arrière de la France bonapartiste suscite échos et réactions. La réflexion proposée par le colloque s'est prolongée jusqu'à la veille de la conquête de l'Algérie, qui marque le début d'une nouvelle vague de colonisation française, supposée suppléer la perte de la « Perle des Antilles ». On lira dans cet ouvrage des contributions de chercheurs haïtiens, américains, mexicains, chiliens, français, aussi bien des Antilles, de la Réunion que de métropole. Tous apportent des angles de vues et des lumières différentes, mais largement convergentes, sur cette tragique histoire inaugurée par le décret consulaire imposant le retour à l'ancien régime colonial, après huit années d'application de la « liberté générale ».

« L’esclavage a été aboli dans les colonies françaises en 1848. Tout le monde le sait. Mais la première émancipation date de 1794 et du décret du 16 pluviose an II. On le sait aussi peu que son rétablissement par Bonaparte en 1802 : au prix d’une répression terrible dans les Antilles, d’un reniement des idéaux révolutionnaires... et de l’indépendance de la première république noire : Saint-Domingue. La plus riche colonie du monde devenue Haïti, une jeune nation, paiera au prix le plus fort sa révolte contre l’impérialisme européen. La révolution haïtienne renvoie à la française, confisquée depuis le coup d’État du 18 brumaire. Des études inédites mettent notamment en évidence l’étendue de ce prix à payer, la diversité des formes d’esclavage, le renforcement des préjugés de couleur, les enjeux économiques, le rôle respectif de l’Europe et des états-Unis... Le rétablissement de l’esclavage, fait unique dans l’histoire contemporaine, permet la poursuite, sous d’autres latitudes, de l’expansion coloniale. » (Christophe Wargny, extrait du Monde diplomatique, septembre 2003).


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