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Rhapsodie méditerranéenne

par Jean-Marie Lamblard

( Livre )
Loubatières
2010, 333 p., 25 euros

Collection : Libre parcours - ISBN : 978-2862666259

Par la succession de brefs récits sur le mode de la rhapsodie antique, Jean-Marie Lamblard nous fait entrer dans la longue épopée des peuples méditerranéens. Venus de tous les horizons, Wisigoths, Ostrogoths, Vandales, Francs, Arabes, Maures, Berbères, Byzantins... tous, aimantés par ce centre liquide, se visitent, se battent, échangent, s'aiment, s'assemblent et finissent parfois par se ressembler. Tissage des cultures et métissage des hommes contribuent à relativiser la différence mais aussi, par un heureux paradoxe, à réintroduire, au hasard de la génétique ou de l'histoire, une part de diversité au coeur même du monde métissé. Une foule de personnages familiers ou méconnus forment alors le chœur, répondant au présent aux interrogations de Mustapha, témoin étonné du libre parcours des hommes.

Rhapsodie, en Méditerranée, annonce la mémoire au travail de celui qui ajuste les morceaux épars de l’histoire afin d’éclairer les zones d’ombres, et s’efforce de répondre aux attentes des auditeurs éveillés.

C’est en effet l’art du conteur que l’on voit ici à l’œuvre. Il revisite les certitudes académiques, soulève des objections, avance des hypothèses, touche au sacré, en ayant toujours à coeur de parler clair et juste.

Le sous-titre Essai métissé peut s’entendre de plusieurs façons ; tissage des cultures et métissage des hommes contribuent à relativiser la différence mais aussi, par un heureux paradoxe, à réintroduire, au hasard de la génétique ou de l’histoire, une part de diversité au centre même du monde métissé.

Une foule de personnages familiers ou méconnus forment alors le chœur, répondant au présent aux interrogations des jeunes générations, témoins étonnés du libre parcours des hommes.

Ce livre est une invitation au voyage le long de la mer des Deux Rives, où l’on ne s’interdit pas de rechercher la Chèvre d’or des Sarrazins, ni de s’interroger sur l’éclosion de la lyrique des troubadours. Le rôle capital des Africains du Nord dans le miracle d’al-Andalous est souligné, bousculant un peu l’opinion dominante. L’identité des pillards que l’illustre Charles Martel arrêta à Poitiers, que l’on disait venir de Cordoue, révèle quelques surprises, et les agresseurs de l’arrière-garde de Charlemagne à Roncevaux perdent de leur attrait prosélyte. C’est un périple en un temps où ni les Pyrénées, ni le détroit de Gibraltar ne séparaient les hommes. Pour autant, le récit nous ramène constamment à l’actualité, ne serait-ce que par le sort qu’il réserve aux arguments prétendument historiques qu’avancent les partisans de l’exclusion de l’Autre.

 
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