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Rivage des murmures (Le)par Lídia Jorge (
Livre
)
L'auteur est parti au Mozambique en 1970 où son mari, officier parachutiste, participe à la guerre coloniale.
« Ce roman initiatique est d'une beauté barbare ! Il raconte l'histoire, en grande partie autobiographique, d'un jeune étudiant en mathématiques envoyé au Mozambique pour effectuer son service militaire, au début des années 1970. Un jeune officier comme un autre, plutôt pressé de retrouver ses études, qui débarque avec sa femme en pleine guérilla. C'est cette femme qui raconte et assiste, impuissante, à la lente métamorphose : son mari deviendra bientôt le pire bourreaux, le plus abominable des salopards. Ce roman âpre et dérangeant a porté le fer dans la plaie : en jetant au visage des Portugais les atrocités commises pendant la guerre coloniale, il a aussi montré quel rôle les femmes pouvaient jouer dans les conflits. » (extrait d'un article de François Busnel, Le Magazine Littéraire, mars 2000) « Sans jamais se lamenter sur ce passé, Eva revoit la petite Evita qu'elle était assister, atterrée, à la dégradation intellectuelle et morale des soldats, dont son mari, Luis Alex, est le premier exemple. Où est donc passé le brillant étudiant en mathématiques qui se comparait à Évariste Galois, que la vie de soldat dégoûtait et qui a fait son service militaire pour s'en "débarrasser le plus vite possible" et "retourner aux mathématiques" ? Fasciné par Jaime Forza Leal, capitaine "héroique" qui exhibe une horrible cicatrice, en portant des chemises trop transparentes, Luis Alex est devenu une sorte de clone de cet homme sanguinaire, qui parle de "nettoyage" quand il s'agit de massacrer les populations civiles. Evita l'a vu, sur les atroces photos que lui a montrées en cachette Helena, la belle et étrange épouse du capitaine. Sur les combats, on n'en saura pas plus que ce que laissent deviner les macabres photos, confirmées par le témoignage qu'Evita extorque à un militaire blessé, Gois. Car Lídia Jorge s'est gardée des interminables récits de bataille dont les hommes ont le secret _ sans en avoir toujours le talent. Elle a su retrouver la nudité d'une parole de femme, presque naïve à l'époque de son mariage au Mozambique, pour évoquer, avec une violence d'autant plus forte qu'elle est plus sourde et plus impuissante, une "très sale" guerre. » (extrait d’un article de Josyane Savigneau, Le Monde, 12 mai 1989). Titre original : A costa dos murmurios Sur la Toile Fin d'un monde, d'un empire colonial. Fin de l'homme brut et dominateur. Un roman crépusculaire et délétère. (par Dominique Aussenac, Le Matricule des anges) ____________________________________________ Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi à son financement.
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