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Roman noir de la Maison-Blanche (Le)

par Ron Suskind

( Livre )
Saint-Simon
mai 2004, 20.9 euros

ISBN : 2915134111

Les révélations de Paul O'Neill, ex-secrétaire d'État au Trésor

Paul O'Neill (né en 1935), ex-secrétaire au Trésor des États-Unis, fait des révélations inédites sur le fonctionnement de l'administration Bush. Un peu plus d'un an après sa démission, il affirme dans un livre que « George W. Bush était comme un aveugle entouré de sourds » lors du conseil des ministres. Ces informations ont été recueillies par le journaliste Ron Suskind.

Dans ce livre sorti en janvier 2004 aux États-Unis, Ron Suskind a été l'un des premiers à avancer la thèse que le plan d’invasion de l’Irak avait été élaboré par Bush et son équipe dès janvier 2001 (et non à la suite des attentats du 11 septembre 2001).

«  Pour écrire son livre, Ron Suskind a collecté la bagatelle de 19 000 documents et a entendu de nombreux proches de George W. Bush. (…)
Paul O'Neill ne se prive pas d'épingler la notion de guerre préventive contre le terrorisme mise en avant par le gouvernement pour envahir l'Irak en mars 2003. À l'en croire, les États-Unis ont commencé à préparer leur intervention quelques jours avant même l'entrée en fonction de George W. Bush en janvier 2001.

À quoi Scott McClellan s'est contenté de répondre que l'ancien président irakien "représentait une menace pour la paix et la stabilité avant le 11 septembre 2001, et plus encore après". Dès juillet 2001, la conseillère nationale à la sécurité Condoleezza Rice avait prévenu que "Saddam Hussein (était) dans le collimateur" de Washington.
Paul O'Neill s'est taillé une réputation de franc-tireur qui lui a souvent attiré les foudres de la Maison-Blanche et du Congrès, en deux ans au gouvernement. » (extrait de la Dernière Heure, 28 mai 2004)

« Ancien fonctionnaire, d'origine modeste, M. O'Neill a quitté le service de l'Etat pour l'industrie, où il a brillamment réussi, jusqu'à devenir PDG du géant de l'aluminium Alcoa, qu'il a rendu bénéficiaire. C'est là que le vice-président, Richard Cheney, est allé le chercher, fin 2000, pour le poste de secrétaire au Trésor. Il a cru pouvoir réformer la façon de travailler du ministère des finances et, même, changer les règles du jeu, appelant un chat un chat. Il a commencé par dire que la politique du "dollar fort" n'avait aucun intérêt et que la valeur de la monnaie ne dépendait pas du gouvernement, ce qui a provoqué une chute de la devise américaine. Il a critiqué les hausses de tarifs sur les importations d'acier. Il cachait à peine son désaccord sur les baisses d'impôts et sur le déficit des finances fédérales. » (extrait d’un article de Patrick Jarreau, Le Monde, 11 janvier 2004)

« En homme soucieux des détails, O'Neill a noté dans ses carnets que l'actuel secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a abordé la question irakienne dès le mois de février 2001. On précisera au passage qu'en tant que secrétaire au Trésor, O'Neill participait d'office aux délibérations du Conseil national de la sécurité. Partisan enthousiaste du plan avancé par Rumsfeld ainsi que par le vice-président Dick Cheney, le président Bush, de rappeler O'Neill, aurait tenu des propos se résumant au fameux adage "La fin justifie les moyens". Plus exactement, Bush aurait martelé : "Donnez-moi les moyens de justifier une guerre à l'Irak." » (extrait d’un article de Serge Truffaut, Le Devoir, 14 janvier 2004)

Titre original : The Price of Loyalty : George W. Bush, the White House, and the Education of Paul O'Neill (publié en janvier 2004 chez Simon & Schuster)

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