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Rue des Maltais : la vie de la colonie maltaise de Tunisie

par

( Livre )
Jacques Gandini
2002, 166 p., 18 euros

Auteur : Marc Donato - Collection : Migrations - ISBN : 2906431567

« Les conditions de vie misérables à Malte ont poussé hors de chez eux les candidats à une meilleure existence. Si les Maltais se sont répartis pendant le XIXe siècle sur tout le pourtour méditerranéen, la Tunisie, si proche, les a tentés dès le début de la période d’émigration. L’apport de population maltaise en Tunisie a été important : des milliers d’immigrés s’installeront dans cette partie de l’Afrique du Nord. Cet ouvrage tente de donner des éléments de réponse à tous ceux qui désirent savoir d’où ils viennent et comment ont vécu ceux qui les ont précédés sur la terre tunisienne. » (présentation de l’éditeur)

« J'ai écrit Rue des Maltais, sur la colonie d'origine maltaise en Tunisie, après un intervention à l'Université de Msida, à Malte. J'y étais connu pour avoir rédigé une Histoire de l'émigration des Maltais en Algérie au XIXe siècle. Ne voulant pas répéter ce sujet, j'ai fondé mon intervention sur des documents rassemblés au cours d'une année universitaire et centrée sur le même thème en Tunisie. Ce qui m'a paru intéressant, outre les volets sur les causes d'émigration de Malte et d'immigration dans la Régence qui deviendra la Tunisie, ce sont les aspects concernant l'évolution de ce groupe dès le tout début du XIXe siècle dans une terre musulmane et jusqu'à l'indépendance du pays. J'ai pu ainsi dégager ses caractéristiques bien particulières à la Tunisie et profondément différentes de ce qu'elles furent pour le groupe installé en Algérie. Rue des Maltais faisant le pendant pour la Tunisie de ce qu'est Elisa, la Maltaise, pour l'Algérie, cela m'a permis de préciser que les deux groupes ont évolué diversement à un point tel qu'on a devant soi deux communautés dont on peut se demander, à la limite, si elles viennent du même pays. De là les questions qui se posent sur les raisons de cette évolution aussi dissemblable. » (Marc Donato)


« Aujourd’hui la communauté maltaise de Tunisie existe à peine. Pour élaborer son ouvrage original, Marc Donato a réussi à interroger quelques-uns des membres de cette communauté qui, au lendemain de l’indépendance de la Tunisie, ont préféré s’installer en France métropolitaine. Donato divise en cinq phases l’histoire des Maltais de Tunisie. Au début du XIXe siècle, après l’abolition de l’esclavage mais même avant quelques pionniers émigrent dans la Régence sous les yeux plus ou moins approbateurs des autorités. Après l’intervention des Français en Algérie, le nombre de Maltais qui émigrent en Tunisie augmente. En 1866, la colonie atteint le chiffre de sept mille personnes. Avec l’établissement du protectorat en 1881, leur effectif continue à grimper pour culminer en 1920 à 13500. En 1921, la France promulgue la loi de naturalisation automatique. Par conséquent, selon le recensement de 1926, la colonie maltaise de Tunisie c’est-à-dire ceux qui ne sont pas devenus citoyens français se réduit déjà à 8400 personnes.

Les premiers Maltais prennent pied à Porto Farina et à Djerba. En 1858, H. Dunant observe à Tunis, dans le quartier franc, quelque soixante familles maltaises entassées dans des fondouks ou entrepôts. Une des activités auxquelles s’adonnent les Maltais est la contrebande. Mais, à la fin du XIXe siècle, l’instauration d’un régime douanier plus rigoureux obligera les contrebandiers de Porto Farina à se transformer en pêcheurs et en maraîchers. Les Maltais travailleront dans le domaine des transports. Le cocher de fiacre maltais attend ses clients à Bab el-Khadra. Plus tard au XXe siècle, il sera tout banalement le chauffeur de taxi. Ils sauront également s’imposer dans les services. Par exemple, ils se tailleront une part importante du commerce de détail. Avec persévérance, quelques membres de cette communauté accèdent au bien-être, voire à la respectabilité. Un Mifsud, un Busuttil, etc., rempliront les fonctions de conseillers municipaux de la ville de Tunis.

Les Maltais, dont la langue maternelle est un dialecte arabe d’Afrique du Nord se sont bien intégrés avec les "indigènes". Mais, les Maltais étant chrétiens cela les empêchaient de se marier avec les musulmans. Pour cette communauté, le moment crucial est arrivé après l’indépendance de la Tunisie en 1956. En refusant de prendre la nationalité tunisienne, les Maltais ont dû s’astreindre à quitter ce qui, pour la majeure partie d’entre eux, était leur terre natale. » (extrait du site de l’IRMC, Correspondance, novembre 2002)

Dans BiblioMonde

Élisa la Maltaise : Histoire des Maltais d’Algérie (1830-1962)


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