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La saga d'Inga, l'histoire des barrages du fleuve Congo

par François Misser

( Livre )
Harmattan (L')
Collection Cahiers africains
2013, 24 euros

ISBN : 978-2343006390

Ce livre traite du site majestueux d’Inga où toute la force du fleuve Congo vient s’engouffrer dans un étroit goulot pour offrir le plus grand potentiel hydroélectrique au monde.

Sur le mode du récit, aux allures parfois de thriller, l'auteur raconte l’aventure inachevée de la domestication de cette force sauvage, à peine entamée par la construction de deux barrages en 1972 et en 1982, Inga I et Inga II, qui, à ce jour, sont les ouvrages les plus importants réalisés au Congo, depuis son indépendance en 1960. Le développement de ce site est un enjeu capital pour le Congo et pour l’Afrique. Sa capacité de génération, équivalente à une quarantaine de centrales nucléaires ou à la puissance installée de toute l’Afrique du Sud, peut apporter des services considérables à l’environnement continental, en offrant une alternative renouvelable et bon marché aux centrales à charbon du sud du continent, en contribuant à la lutte contre les effets du réchauffement climatique et contre la déforestation. Son développement peut aussi offrir au Congo l’avantage comparatif d’une source énorme et renouvelable d’énergie et lui permettre de soutenir l’essor de son industrie minière et d’alimenter les industries de transformation des autres ressources naturelles dont le pays est abondamment pourvu. Enfin, de par sa taille et par les possibilités de transporter cette énergie vers d’autres régions du continent, le développement d’Inga est un enjeu géostratégique de premier plan. C’est d’ailleurs parce qu’elle est pleinement consciente de l’enjeu que la Banque africaine de développement vient de faire réaliser une étude sur le développement par étapes du site, confiée à EDF International et à RSW. En bout de course, c’est un projet de dimension pharaonique qui devrait voir le jour mais pas nécessairement un éléphant blanc s’il est bien conçu. Mais ce potentiel ne verra le jour qu’à un certain nombre de conditions, dont celle de la restauration de la confiance dans la capacité de l’État congolais à le gérer. Sans quoi les investissements nécessaires qui en majeure partie devront venir de l’étranger feront défaut.



 
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