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Salam, maman

par Hamid Ziarati

( Livre )
Thierry Magnier
Langue d'origine : italien
Traduit par Marguerite Pozzoli
2010, 258 p., 18 euros

ISBN : 978-2844208095

La chronique d’une famille comme tant d’autres, dans le Téhéran des premières années de la révolution islamiste.

Téhéran sous le régime du Shah, une famille iranienne des classes moyennes, heureuse et soudée, s’apprête à fêter le jour de l’an — qui correspond à l’arrivée du printemps — dans le plus grand respect des traditions. Les parents aspirent à la réussite de leurs enfants dans un monde en plein bouleversement politique. La famille s’agrandit, vient le temps de l’adolescence et aussi du changement, les manifestations contre le Shah s’intensifient, la révolution iranienne est en marche. La famille se sépare : un, puis deux et enfin trois des enfants quittent l’Iran. Deux pour une vie meilleure en Occident, le troisième pour préparer le retour de Khomeini. Seul le narrateur, le jeune Ali, reste au pays, il est ainsi le témoin privilégié des changements dans la vie quotidienne qu’apporte la Révolution. À travers son regard, le lecteur découvre une famille qui tente de survivre et sauver ses propres valeurs,dans un pays en pleine mutation.

Avec une écriture très fluide, le goût du détail et un certain humour, notamment dans les questions-réponses ingénues des enfants, l’auteur fait partager le quotidien d’une famille iranienne, à la fois éloignée des sociétés occidentales par ses traditions, et proche dans les rapports humains. Se dégage de ce récit la vision d’un pays à la fois familier et étrange : l’Iran.

L’ouvrage se divise en cinq chapitres tous articulés autour d’un rêve et scandés du même leitmotiv : « je ferme très fort les yeux, je les rouvre d’un coup ». Le dernier rêve reprend la première partie de la sourate l’Obscurcissement, qui porte sur la résurrection, et fait écho à la propre renaissance du narrateur… qui pourrait être l’auteur lui-même, Hamid Ziarati, partant pour
l’Italie.

 
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