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Le serbo-croate sans peine

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Le serbo-croate était la langue principale de l'ancienne Yougoslavie. Les nationalistes qui ont provoqué l'éclatement de cet État, ont décrété que le serbe, le croate et le bosniaque étaient des langues à part entière et non des variantes d'une même langue qui s'écrivait avec l'alphabet latin en Croatie et en Bosnie-Herzégovine et avec l'alphabet cyrillique en Serbie. Les politiques linguistiques des républiques de Croatie, Serbie-Monténégro et Bosnie-Herzégovine visent aujourd'hui, par l'épuration du vocabulaire et la promotion de variantes locales au détriment de ce qui était compréhensible dans tout le pays, de créer trois petites « langues nationales » bien distinctes de celle du voisin. En dépit de cette politique, l'essentiel du serbo-croate est compréhensible dans les trois États.

Le serbo-croate est une création politique datant de l’époque où fut élaboré le projet d’union des Slaves du Sud. Son principal promoteur fut Josip Strossmayer (1815-1905) qui prônait le rapprochement des Serbes et des Croates dans un mouvement yougoslave. En 1866, il fonde l’Académie Yougoslave de Zagreb qui deviendra l’Université de la capitale croate. Ses contemporains, le croate Ljudevit Gaj et le serbe Vuk Karadzic s’appliqueront à créer une langue serbo-croate (ou croato-serbe). Ils ont fait le choix du dialecte stokavien, un dialecte slave parlé en Slavonie, dans l’arrière-pays dalmate et à Dubrovnik, comme base de la future langue yougoslave.

Ce type de démarche, au XIXe siècle, est commun à la plupart des pays d’Europe de la Norvège à l’Italie où le souci d’unification politique impliquait la création d ‘une langue commune, peu de pays en possédait une. En Italie, c’est l’italien parlé en Toscane qui fut choisi pour forger une langue standard qui a réussi à s’imposer. En Yougoslavie, le serbo-croate comporte encore de fortes variantes régionales, mais permet une totale intercompréhension si les interlocuteurs veulent s’en donner la peine. S’il le veut, un Québécois peu facilement dérouter un Français par son vocabulaire ou ses expressions locales. S’il s’y applique, un Croate peu rendre son discours difficile à comprendre pour un Serbe : telle est la volonté politique qui prévaut depuis une décennie à Zagreb, comme à Belgrade. De la même façon, un Bavarois peut donner à un Allemand du Nord l’impression qu’il parle une langue étrangère, le Vénitien peu faire de même avec un Italien du Sud… Quand on ne veut pas se comprendre, on y parvient toujours.

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Des ouvrages en anglais

The Many Faces of Agreement : Morphology, Syntax, Semantics, and Discourse Factors in Serbo-Croation Agreement (28,43 euros) - ISBN : 1575864185


Serbo-Croatian Basic Course (61,09 euros) - ISBN : 0884329380


Introduction to the Croatian and Serbian Language (30,57 euros) - ISBN : 0271015365


Dic Standard English-Serbocroatian, Serbocroatian-English Dictionary : A Dictionary of Bosnian, Croatian, and Serbian Standards (41,76 euros) - ISBN : 0521645530

Le fameux dictionnaire de l’université de Cambridge :

Serbo-Croation-English Dictionary (110,51 euros) - ISBN : 0521384958


English-Serbocroatian Dictionary (110,51 euros) - ISBN : 0521384966



 
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