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Smyrne, la ville oubliée ?

par Marie-Carmen Smyrnelis (direction de l'ouvrage)

( Livre )
Autrement
Collection Mémoires Villes
2006, 256 p., 19 euros

ISBN : 2746708019

1830-1930, mémoires d'un grand port ottoman : un siècle de l’histoire d’une ville connue aujourd’hui sous le nom d’Izmir

« Smyrne l’infidèle » pour ses habitants musulmans parce que les non-musulmans - juifs et chrétiens - y étaient majoritaires, « petit Paris de l’Orient » pour les voyageurs européens qui la visitaient au XIXe siècle en raison de l’intense vie intellectuelle, artistique et culturelle qui y régnait, cette ville fut un port important de la Méditerranée orientale dès la fin du XVIIe siècle. Détruite en 1922 par un grand incendie, elle fut rebâtie sous un
nom moins célèbre : Izmir, dans l’actuelle Turquie. Ce sont les habitants de Smyrne, leurs sociabilités, leurs mémoires et souvenirs de 1830 à 1930 qui sont évoqués ici, pour mieux comprendre le siècle charnière de l’histoire de cette ville trop longtemps oubliée.

Ce qui est frappant lorsque l’on se penche sur l’histoire de Smyrne, c’est le décalage qui existe entre le destin exceptionnel qu’a connu cette ville depuis l’Antiquité et l’oubli dans lequel elle est tombée après le terrible incendie en 1922. Izmir, la ville qui la remplace, n’a plus rien à voir avec Smyrne, la ville du XIXe siècle et du début du XXe : plus important port de l’Empire ottoman et de la Méditerranée orientale, ville prospère où se développe une intense vie artistique et culturelle, ville cosmopolite. La nouvelle ville née des cendres tombe progressivement dans l’oubli.

Jusqu’à la Première guerre mondiale, ce qui caractérisait Smyrne était sa prospérité due à une économie florissante reposant sur des relations commerciales variées, son cosmopolitisme né de la coexistence d’Européens, de chrétiens orthodoxes et catholiques, de musulmans et de juifs, sa semi-autonomie par rapport au gouvernement central, ses relations avec l’Europe, l’ingéniosité de ses habitants en matière d’innovations et leur goût pour les divertissements, Tout cela se trouve mis à mal du fait des idéologies et des politiques nationalistes.

Marie-Carmen Smyrnelis a réuni dans cet ouvrage collectif les travaux de spécialistes et d’historiens grecs, turcs et français : Evangelia Achladi, F. Cânâ Bilsel, Elena Frangakis-Syrett, Vangelis Kechriotis, Anahide Ter Minassian, Henri Nahum, Christoph Neumann, Oliver Jens Schmitt, Isik Tamdo_an, Filkret Yilmaz, Alp Yücel Kaya, Sibel Zandi-Sayek, Basma Zerouali.

Cette étude est complétée par une série de cartes postales de l’époque (scènes de marchés, familles, grands hôtels, etc.)

Dans BiblioMonde

La fin de Smyrne : Du cosmopolitisme aux nationalismes

Smyrne 1922 : un témoignage

Juifs de Smyrne, XIXe-XXe siècle

Notre dossier sur la Turquie (BiblioMonde)



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