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Splendeur du Portugal (La)

par António Lobo Antunes

( Livre )
Points
Collection Littérature
Langue d'origine : portugais
Traduit par Carlos Batista
2000, 525 p., 7.8 euros
Première édition : Christian Bourgois -
ISBN : 2020362104

Ce livre fait revivre, la chute lamentable de empire colonial portugais, à travers la vie d'une femme qui a grandi là-bas auprès de ses parents maîtres des lieux, qui est devenue mère en terre d'Afrique et qui refuse de rentrer au pays avec ses trois enfants. Elle s'accroche à sa maison délabrée, à son Angola en ruine.

Le titre est tiré ironiquement de l'hymne national, sorte de provocation, l'année où le Portugal fête son glorieux passé à coup d'exposition universelle (1998).

« Veille de Noël 1995. A Lisbonne, trois frères et sœurs qui ne se sont plus vus depuis quinze ans, après leur retour d'Angola, s'apprêtent à passer le réveillon ensemble. L'aîné, Carlos, est métis, le benjamin, Rui, est gravement épileptique : entre les deux, Clarisse, qui mène une vie dissolue. Au même moment, restée en Angola, une femme s'apprête à mourir face à une bande de tueurs : c'est la mère des trois, enfin la vraie mère de deux seulement, Carlos étant un bâtard acheté à la naissance pour éviter le scandale. Maudit réveillon : ni Carlos ni Clarisse ni Rui n'ont envie de le fêter ensemble, il rappelle trop de mauvais souvenirs, les haines enfantines, la discorde des parents, le père alcoolique, la maladie de Rui, l'humeur farouche de Carlos, l'agonie de la colonie. Quant à la mère, elle n'a pas voulu quitter l'Afrique malgré la guerre, le chaos, la désolation, et la mort imminente : "Nous avons fini par aimer l'Afrique avec la passion du malade pour sa maladie." » (extrait d'un article d'Antoine de Gaudemar, Libération, 1er octobre 1998)

« Dans des monologues intérieurs - qui alternent avec celui d'Isilda, leur mère, restée en Angola pour tenter de sauver la plantation -, leur parole est murée dans un ressassement lancinant, un chaos d'images foisonnantes, un télescopage d'époques éloignées. Rui, épileptique, est cruel; Clarisse se perd dans des aventures misérables ; Carlos se méprise parce qu'il sait qu'il a du sang noir dans les veines et que ses parents lui ont appris le racisme ordinaire. Le souvenir des scènes de violence durant l'insurrection, l'habitude de la violence à l'égard des Angolais, les rendent incapables de nouer de véritables relations humaines, ou même de vivre leurs retrouvailles. Leurs existences et leurs coeurs sont en lambeaux. En ruine, comme le vieil Empire portugais. » (extrait d'un article de Francine de Martinoir, La Croix, 16 novembre 1998)

« À travers les monologues alternés d'une mère et de ses trois enfants, derniers rejetons déchus d'une riche lignée de colons portugais en Angola, ce roman dresse le sombre bilan d'un processus historique d'avilissement d'une catégorie d'êtres humains. Au fil d'évocations tragiques et de scènes bouffonnes, entrelaçant l'atmosphère d'un pays déchiré par la guerre et celle des temps de la prospérité coloniale, ces personnages dévoilent les arcanes de leurs vies antérieures, là où le vent de leur identité se désagrège. Minés par la folie à force de vivre à contre-destin, ils resteront écartelés entre leur attachement ombilical à l'Afrique de leur enfance et la honte d'admettre que cette Afrique de rêve recouvrait un effroyable cauchemar. » (présentation de l'éditeur)

« Le Portugais Antonio Lobo Antunes réussit, avec son dernier livre, La splendeur du Portugal, un chant lyrique et tragique autour de la guerre du Portugal en Angola, un thème qui obsède l'écrivain. A travers les monologues d'une mère et de ses enfants, issus d'une riche lignée de colons portugais en Angola, ce roman décrit un processus d'avilissement d'êtres qui ont connu les fastes d'une société féodale de planteurs, explique l'auteur. Les personnages, minés par la folie, restent écartelés entre leur attachement à l'Afrique de leur enfance et la honte d'admettre que cette Afrique de rêve recouvrait un effroyable cauchemar, ajoute-t-il. » (La République des lettres)


« La splendeur du Portugal, le roman emblématique de la tragédie coloniale. Ce titre grandiloquent, puisé dans l'hymne national, est un commentaire ironique sur la chute lamentable d'un empire colonial et sur le rapport problématique des Portugais à leur passé colonial glorieux, fondé sur l'avilissement des colonies et le cauchemar des longues guerres sanglantes, menées au nom du patriotisme. "Il y en avait dont le squelette branlant tenait jusqu'au bout de la récolte mais qu'on ne pouvait laisser partir parce que avec les dépenses faites à la cantine ils nous devaient les vingt récoltes suivantes et encore à condition de semer gratuitement et de rester sans manger." L'essentiel de l'action se déroule en Angola. À travers les monologues alternés d'une mère et de ses enfants… » (extrait d'un article de Joël Des Rosiers, Spilrale, Lire la suite)

Sur la Toile

Un extrait du premier chapitre

Critique par Tirthankar Chanda, pour RFI (novembre 1998)

Critique par Vincent Noiray

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