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Sur les hétéronymes

par Fernando Pessoa

( Livre )
Éditions Unes
Langue d'origine : portugais
Traduit par Remy Hourcade
1993, 74 p., 12.35 euros

ISBN : 2877040011

L’écrivain n’a pratiquement jamais publié sous son nom, mais sous une multitude de pseudonymes qu’il appelait ses « hétéronymes » tant chacun correspondait à une personnalité différente.

« Alberto Caeiro à peine né, je m’employai aussitôt (…) à lui trouver des disciples. J’arrachai Ricardo Reis, encore latent, à son faux paganisme. Je lui trouvais un nom et l’ajustai à lui-même, car à ce moment je le voyais déjà. Et voici que soudain, par une dérivation complètement opposée à celle dont était né Ricardo reis, apparut impétueusement un nouvel individu. D’un seul trait, à la machine à écrire, sans pause ni rature, jaillit l’Ode triomphale d’Alvaro de Campos – l’ode avec son titre et l’homme avec le nom qu’il porte. » (Fernando Pessoa)

Ce sont quelque 72 hétéronymes que Fernando Pessoa crée au cours de sa vie, dont Bernardo Soares, l'auteur du Livre de l'intranquilité, mais aussi :

Ricardo Reis est né à Porto en 1887. Latiniste distingué, il est aussi médecin. Ses idées monarchistes l'obligent à s'exiler au Brésil en 1919. Pessoa n’envisage pas sa mort, mais celle-ci inspirera José Saramago.

Alberto Caeiro est né à Lisbonne en 1889. Il se dit inculte, païen, intéressé par « les choses telles qu'elles sont ». Il vécut presque toute sa vie dans la villa de Ribatejo avec une vieille tante. Il est mort en 1915. Il a écrit Le Gardeur de troupeau (1911-1912) et Le Pâtre amoureux, poèmes épars (1913-1915), divers écrits .

Alvaro de Campos est né en 1890, en Algarve. Ingénieur en mécanique d’ascendance juive. Chantre du modernisme, mais auteur tourmenté. « Il voyage en Orient et ramène certainement l’inspiration de son Opium à bord. Il est partisan d’une esthétique non aristotélicienne qu’il voit incarnée par trois poètes : Walt Whitman, Alberto Caeiro et, …lui-même. Il utilise un monocle et s’est forgé une solide réputation d’homme irascible et impassible. Aime les falsifications et ses masques sont autant de contradictions. Auteur, entre autres, du très célèbre Bureau de Tabac "qui ouvre l’ère de l’absurde, de l’humour triste, d’un existentialisme penché sur son narcissique miroir où il pressent le plissement des premières rides" (Armand Guibert) et du sulfureux Ultimatum. » (extrait du site des éditions José Corti). On lui doit de très nombreux écrits.

 
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