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Terrasse à Rome

par Pascal Quignard

( Livre )
Gallimard
Collection Folio
2001, 128 p., 3 euros
Première édition : 2000
ISBN : 2070417166

À Rome au XVIIe siècle. Un jeune graveur est victime de la jalousie d'un fiancé jaloux qui lui lance de l'eau-forte au visage. Défiguré, il doit renoncer à l'amour de sa belle qu'il aime jusqu'à sa mort.

En 1617, en Lorraine, naît Geoffroy Meaume, qui s’éteindra à Utrecht, en 1667, emmitouflé dans ses souvenirs. Entre ces deux dates, il sera graveur, spécialiste de l’eau-forte, une technique qui fera de lui, en quelque sorte, un maître des ombres. Avec délicatesse, Pascal Quignard trace le portrait de ce créateur mutilé, marqué pour la vie lorsqu’un amoureux jaloux le surprend dans les bras de sa belle et lui lance de l’acide au visage. Dès lors, fini les amourettes et bonjour l’errance. Une narration discontinue, hachée, est mise au service de cette biographie fictive, car les multiples cassures dans la chronologie permettent à l’auteur d’insérer de nombreux détails historiques et techniques, toujours pertinents et à propos. La thématique comporte plusieurs volets : celui des amours interdites, celui des images salaces qu’on se passe sous le manteau, celui de la mémoire comme siège de la souffrance et celui des inconvénients de la laideur qui, eux, plongent le récit dans une obscurité influençant le choix des techniques employées par l’aquafortiste. » (extrait d'un article de Daniel-Louis Beaudouin, Nuits Blanches)

« Chacun des quarante-sept chapitres de ce roman bref et intense se présente ainsi comme une image, une eau-forte ayant sa propre composition, sa lumière qui ronge les formes, sa part d'ombre et de noir d'où jaillissent les modelés et les contours, sa leçon de choses, son histoire. C'est le plus souvent très beau, comme une histoire dont on ne connaît ni le début ni la fin, comme un morceau de peinture détaché d'un temple en ruine et dont on imagine les parties manquantes. » (extrait d'un article de Pierre Lepape, Le Monde, 4 février 2000)

« "Un graveur d'eaux fortes qui cisela de Bruges à Rome sa manière noire et son chagrin d'amour." Tel est le sujet, en passant. On se demande alors ce qui ne fonctionne pas dans ce petit ouvrage chantourné et tout en exquise dentelle. L'absence de laisser-aller, peut-être ? La raideur des règles que semble s'imposer l'auteur pour parvenir à rendre l'atmosphère et les us d'une époque ancienne : le XVIIe ? Oui, tout cela à la fois, sans doute. Un certain défaut d'innocence, si l'on veut aussi : on sait bien que les romans les plus passionnants sont ceux qui échappent à leurs auteurs. Or pas un instant, ici, l'intrigue, quasi inexistante, et ses personnages, décrits à coups de traits si sommaires qu'ils tiennent davantage de la caricature que de la créature du bon dieu, n'échappent à l'intelligence érudite et trop sérieuse de Pascal Quignard. C'est aussi bête que cela : on n'y croit pas. On n'y croit pas parce qu'on y cherche un frémissement de vie et d'émotion qui ne se produit jamais, hélas. On se dit qu'en définitive tant de "beauté" est aussi vaine que peut l'être un artifice trop voulu pour être honnête, s'il en est qui le soit. » (extrait d'un article de Didier Hénique, Fluctuat.net

L'homme qui avait tout perdu sauf son ombre Frederic Grolleau, Paru.com

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