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Territoire comme palimpseste et autres essais (Le)

par André Corboz

( Livre )
De l'imprimeur
2001, 288 p., 29.73 euros

ISBN : 2910735362

Ce recueil rassemble une douzaine de textes publiés au cours des vingt dernières années.

La ville et le territoire constituent des réalités que certains théoriciens, historiens et beaucoup de praticiens réduisent trop souvent à quelques paramètres. Ces essais, tout au contraire, tentent de rendre sensible l'hypercomplexité de ces domaines (et cela, dans un langage dépourvu de jargon). Au cours des âges, l'humanité a toujours imposé ou du moins tenté d'imposer sa volonté aux lieux où elle réside et travaille, en ne cessant de les modifier pour en améliorer le rendement, donc en quelque sorte de les « récrire » - semblable en cela aux auteurs médiévaux grattant leurs parchemins pour y déployer un nouveau texte : ville et territoire, eux aussi, sont des palimpsestes.

« Toute son œuvre est une traque des "imaginaires" du territoire. D’où cette navigation permanente entre les structures physiques ou construites et leurs représentations diverses dans la peinture, la maquette, la cartographie et le cinéma, mais aussi dans la description écrite. "Trop de descriptions sont pensées en termes de surface au lieu de l’être en termes de réseaux" écrit-il dans La description entre lecture et écriture, le texte qui clôture le Territoire comme palimpseste…. "Le territoire comme surface est un héritage du XIXe siècle, époque où les nations se sont définies : cette dénomination signifie une aire géographique constituée à une époque et en une contrée données, par et pour une société donnée : une telle définition admet donc, voire institue, un rapport fixe entre une étendue géographiquement définie, et le groupe social déterminé qui l’occupe : il y a correspondance bi-univoque entre cette surface et ses occupants. D’où deux caractères complémentaires : la délimitation (qui protège contre l’extérieur) et l’appropriation (de la surface protégée) : dans ces conditions, le territoire est une superficie clôturée habitée par une société homogène. Inutile de souligner, poursuit-il, à quel point cette conception est devenue impraticable : multiculturalisme, transculturalisme, mobilité, déplacement des centres décisionnels, abolitions de maintes barrières historiques etc., nous contraignent à formuler tous ou presque tous les problèmes territoriaux comme des systèmes de réseaux. Une surface a un périmètre, alors qu’un réseau n’a que des points terminaux; les surfaces ne se mélangent guère tandis que les réseaux, en revanche, se superposent et se combinent ; en outre les réseaux n’abolissent pas les surfaces, ce qui nécessite d’inventer une dialectique capable d’en définir les relations. Un tel discours signifie qu’une bonne part des instruments descriptifs doit être inventée ex novo, ceux dont nous disposons ayant été conçus pour une problématique des surfaces." »

En 2002, ce livre a reçut le Prix France-culture « La ville à lire » pour le livre d’urbanisme.

Présenté par Sébastien Marot

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