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Travailleurs marocains en France, mémoire restituée

par Zakya Daoud

( Livre )

2003, 232 p.

Éditeur : Tarik

De l'immigration à la citoyenneté, itinéraire d'une association maghrébine en France : l'ATMF - 1960-2003 (titre de la première édition de l'ouvrage)

« L'Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) faisait partie de l'Association des Marocains en France (AMF), créée en 1961 par des militants de l'Union nationale des forces populaires (UNFP).

Durant les années 70, l'AMF s'est scindée en deux groupes : l'AMF-bureau national et l'AMF-coordination des sections, devenue ensuite l'Association des travailleurs marocains de France (ATMF).

Le développement de celle-ci a été marqué par le changement du rapport au pays d'origine. Ses activités reflétèrent donc la tension qui a existé – et qui existe encore – au sein des immigrés entre le désir de retour "là-bas" et la réalité de l'enracinement "ici". Ainsi, prenant conscience que la vie en France n'est plus une transition avant le retour "au pays", les membres de l'association se sont-ils engagés de plus en plus souvent dans les luttes citoyennes pour défendre leurs droits. Dans le même laps de temps, ils militèrent pour faciliter l'intégration au sein du pays d'accueil et tisser des liens solides avec la communauté à travers des cours d'alphabétisation, des permanences d'accueil et d'orientation, mais aussi d'animations culturelles et sportives. L'enjeu fut de faciliter l'intégration, mais aussi de préserver la richesse de la culture d'origine et de la développer dans un autre milieu.

Travailleurs marocains en France, mémoire restituée retrace, comme l'indique son éditeur en couverture, "l'histoire de cette rencontre entre des immigrés maghrébins de la première génération et des étudiants progressistes, entre des syndicalistes et des exilés politiques". Bref , entre bonnes gens que la misère ambiante ou que leur engagement politique a jeté sur les chemins de l'exil. Constituée de fortes individualités aux parcours atypiques, l'ATMF ne pouvait que «générer une culture spécifique, politique et syndicale sur le socle d'une éthique de démocratie et de justice sociale». D'où le fait qu'elle ait été socialiste durant les années 1960, marxiste-léniniste au cours des années 1970, puis militante des droits de la communauté immigrée marocaine depuis lors. Ce qui l'a obligée à redéfinir sa stratégie et à se repositionner au sein de l'échiquier associatif français. Pour ce faire, elle a dessiné les contours d'une politique volontariste de participation à la vie locale, aux actions politiques et aux luttes sociales.

Laquelle a nécessité de former des militants, de s'ouvrir aux étudiants et aux cadres nouvellement arrivés, de fédérer la communauté autour d'un projet commun, de créer de nouvelles structures, etc. L'ATMF se vit donc obligée de rapprocher les réunions de ses instances, de chercher ses marques, de communiquer, de lancer des idées, de proposer des alternatives et d'entrer en relation avec des partenaires marocains, essentiellement la CDT et les organisations des droits de l'Homme, cercle qu'elle a vite élargi aux diplômés chômeurs et à toutes les victimes des répressions pour «contribuer à accompagner notre communauté pour qu'elle dépasse sa situation de fournisseur de devises en communauté d'idées de transformation». Projet duquel l'ouvrage de Zakya Daoud nous rapproche à travers des portraits croisés de militants et à travers leurs témoignages. Ce qui le rend plaisant à lire et facile d'abord. » (extrait d'un article de Ahmed Saâïdi, Le Matin,  12 décembre, 2003)

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