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Une occupation civile - La politique de l'architecture israélienne

par Rafi Segal (direction de l'ouvrage), Eyal Weizman (direction de l'ouvrage)

( Livre )
De l'imprimeur
Collection Tranches de villes
2004, 192 p., 32 euros

ISBN : 2910735842

Ce livre traite de politique et d’architecture – de leurs interactions, de leurs intersections.

« Une occupation civile : la politique de l’architecture israélienne est la somme de travaux d’architectes, d’universitaires et d’auteurs israéliens, qui permet d’examiner le rôle de l’architecture israélienne dans le conflit du Moyen-Orient. À travers des essais, des cartes et des photographies, Une occupation civile démontre comment l’architecture et l’urbanisme sont, en un siècle, passés du statut d’activités professionnelles banales à celui d’instruments tactiques et d’armes stratégiques.

Depuis le début du XXe siècle, le projet déclaré du sionisme consistait à bâtir un foyer national pour le peuple juif sur la terre d’Israël. Depuis l’offensive d’implantation des années trente, fondée sur les villages de type Homa Oumigdal (à tour et mur d’enceinte) en passant par la planification totale de l’État d’Israël peu après son indépendance, jusqu’à la colonisation des territoires occupés de 1967 à ce jour – l’architecture israélienne a été l’instrument concret de la réalisation du projet sioniste, exactement à l’image de son objectif utopique.

La controverse politique et professionnelle qui a suivi l’interdiction de la première édition de cet ouvrage par son éditeur originel, l’Association israélienne des architectes unis, est la preuve flagrante que l’architecture n’est absolument pas une activité innocente. Puisque Israël peut être considéré comme l’un des laboratoires les plus radicaux de notre époque, les questions que pose ce livre doivent être étudiées dans un contexte bien plus large : la politique israélienne de l’architecture n’est pas différente des autres. » (présentation de l'éditeur)

« La cartographie de la rive ouest produite par les architectes israéliens Eyal Weizman et Rafi Segal rend évident que nous sommes devant un territoire où il est impossible de reconnaître un tracé ou seulement d'imaginer une ligne unique de démarcation. Ils nous montrent un espace, presque entièrement fait de clôtures éparses et superposées au territoire, sans aucune logique apparente. Les installations des colons, les by-pass roads qui les relient, les zones militarisées de l'armée israélienne, les villages et les villes palestiniens, les camps de réfugiés, les zones privées de juridiction, les couloirs d'infrastructures sont juxtaposés les uns aux autres, presque entrelacés.

Non seulement cela représente le résultat d'une stratégie de colonisation et de contrôle militaire sur les territoires de la bande de Gaza et de la rive ouest, mais plus encore le kaléidoscope de clôtures proposé par Weizman et Segal décrit un territoire polyarchique, irréductible à un simple dualisme. Il ne peut en être autrement étant donné l'extrême degré de résistance que chaque clôture oppose à son annulation ou à son déplacement (à sa " réduction ") dans une des deux sphères d'appartenance supposément symétriques. Sans contredire les raisons d'un conflit entre deux expériences historiques d'installation sur le même territoire, entre deux peuples qui ont paradoxalement en commun une longue expérience de diaspora, le kaléidoscope de la rive ouest constitue un coup mortel porté aux prétentions de symétries pour qui croit encore à l'utopie d'une frontière unique. » (extrait d’un article de Stefano Boeri, Modernité 2004)

Préface de Paul Virilio

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