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Le Vanetsi : une enfance arménienne

par Victor Gardon

( Livre )
Stock
2008, 1027 p., 29 euros
Première édition : 1959
ISBN : 978-2234061262

Réédition en un seul volume de la célèbre saga de Victor Gardon parue entre 1959 et 1970, Le Vanetsi nous emmène sur les pas de Vahram, jeune garçon arménien qui vit à Van au début du xxe siècle avec sa famille et surtout sa grand-mère, personnage irrésistible, chef de famille qui soigne, conseille, écoute.

Dans cette chronique villageoise, vibrante, chatoyante, Vahram chante l'apprentissage de la vie par un enchaînement de tableaux, de tranches d'existence, sa découverte de l'amour de la mort, de l'injustice et de la cruauté.

L'Arménie, alors sous domination turque, va connaître une succession de bouleversements et de troubles terribles. Après l'accession au pouvoir du parti des Jeunes-Turcs qui détrône le sultan et l'espoir qu'elle suscite chez les Arméniens, la guerre de 1914 éclate. Les massacres commencent et c'est l'arrachement à la maison ancestrale et le début de l'exode pour toute la famille de Vahram. De Van à Igdir et d'Igdir à Tiflis, elle va errer dans un pays en ruine, semé de charniers, éventré par les pillages, la torture et les incendies. Au début de la révolution russe, en 1917, la famille, devant l'avancée turque et sans espoir de retour dans sa ville natale, décide de quitter la Géorgie et prend une nouvelle fois la route.

Elle n'est donc pas ordinaire, l'enfance de Vahram, lui qui nous raconte ce qu'il voit, ce qu'il vit, sans donner aux drames des couleurs outrées et sans se départir du ton de l'enfance qui mêle peur, émoi et merveilleux. C'est cette poésie qui fait la force de ce texte, lui donne une dimension de véritable leçon d'humanité, un appel à la conscience des hommes. La lumière, les couleurs, l'exceptionnelle vigueur et la poésie qui imprègnent chaque page font de ce livre un témoignage poignant.

« Pour Victor Gardon comme pour la spécialiste de littérature arménienne Krikor Beledian, ces hommes, "n'ont pas assumé leurs responsabilités de révolutionnaires au moment où il le fallait". Ils ont laissé passer leur chance en 1908, année de la Liberté, comme l'écrit le romancier, alors que les Jeunes-Turcs prenaient le pouvoir au nom d'une idée : sauver l'Empire en formant une seule nation turque. Lorsque les chefs arméniens prennent les armes au printemps 1915, lors du siège de Van, prélude à la machine génocidaire, ils résistent victorieusement jusqu'à l'arrivée des Russes, mais sont obligés de quitter leur terre.

Dans les mémoires de Victor Gardon, le héros n'est pas le combattant, mais d'autres protagonistes : la grand- mère et Vahram, le passé ou l'avenir sans issue, mais jamais le présent, toujours éphémère. La gestion du temps est d'ailleurs problématique pour l'auteur : aucun repère chronologique n'est donné, aucun paysage décrit, les lieux n'existent pas dans cette saga arménienne. Un tableau figé qui contraste avec l'abondance de paroles pouvant être échangées à Van ou ailleurs. » (extrait d’un article de Gaïdz Minassian, Le Monde, 17 juillet 2008)

Préface de Jean-Marie Carzou - avant-propos de Christine Gardon, petite-fille de l'auteur

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