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Véritable histoire du Juif Süss (La)

par Wilhelm Hauff

( Livre )
Le Félin
Collection À la croisée
Langue d'origine : allemand
Traduit par Nicole Casanova
2001, 140 p., 11.8 euros

ISBN : 2866453999

« Wilhelm Hauff publie en 1827 un récit au romantisme violent, imprégné de l'esprit des Lumières. Il relate l'histoire vraie de Süss. "Juif de cour", ministre des Finances qui opprima le peuple, au service du duc de Wurtemberg Süss, pour ses exactions, fut conduit à La potence le 7 février 1738. La narration entrelace l'intrigue politique et les amours impossibles de Léa, la sœur de Süss, et d'un jeune Allemand. Cent ans après Hauff, Lion Feuchtwanger publie un juif Süss qui connaît une renommée internationale. C'est à la demande de Goebbels, en 1940, que Veit Hartan tourne Le Juif Süss; ce film nazi, violemment antisémite, s'inspire de la nouvelle de Hauff, mais la retourne complètement. Cette trahison a nul aux ouvrages de Hauff et de Feuchtwanger. Grâce à l'avant-propos richement documenté de Nicole Casanova, la vérité sur le destin tragique de la nouvelle profondément tolérante de Hauff est ici rétablie.  » (présentation de l’éditeur)

« Tout le monde connaît son avatar nazi, filmé en 1940 par Veit Harlan, sur ordre de Goebbels. Or le scénario de ce torchon antisémite s’inspirait abusivement d’une nouvelle de Wilhelm Hauff, publiée en 1827. L’écrivain, dont les contes étaient aussi célèbres en Allemagne que ceux de Perrault chez nous, venait tout juste d’avoir 25 ans. Très marqué par l’Aufklärung (les Lumières allemandes), il avait fondé toute son oeuvre sur cet esprit de tolérance qui les caractérisait. Mais il n’existait pas de terrain plus difficile pour combattre les préjugés de son temps, que celui d’une personnalité aussi complexe que celle de Süss qui, un siècle plus tôt, avait ébranlé le Wurtemberg.

Né en 1692, Joseph Süss entra en 1732 au service du Duc de Wurtemberg. Il était le cousin de Samuel Oppenheimer, rappelé en 1673 par l’Empereur Léopold pour sauver l’Empire de l’invasion turque, trois ans après le décret d’expulsion des juifs de Vienne. Samuel Oppenheimer avait fondé cette dynastie des "Juifs de cour" qui modernisèrent l’appareil financier de l’économie autrichienne et allemande. Süss, brillant financier mais peu scrupuleux politique, se fit connaître dans toute l’Allemagne comme un affairiste d’exception. Aussi ambitieux et despotique que le Duc, il prépara avec lui une conspiration contre le Parlement, destinée à convertir le duché (protestant) au catholicisme, pour en abolir les privilèges. Mais la mort prématurée du Prince mit brutalement fin à son règne. Condamné, il fut pendu dans une cage de fer à Stuttgart, en 1738, pour des raisons relevant plus de l’antisémitisme que de la révolte sociale : ses complices chrétiens ne furent jamais inquiétés.

Cependant comment défendre un tel personnage ? Inutile de revenir sur l’abject film de Harlan. Hauff, qui n’était pas juif, en fit un être cynique, conscient qu’entre lui et l’aristocratie allemande, les relations ne pouvaient être que de mépris. Mais ne lui trouvant aucune excuse, il l’affubla d’une soeur pure, chargée de racheter ses fautes. Victime des préjugés antisémites, son martyre autorisait la condamnation de la société de Wurtenberg. Thème évidemment chrétien...» (Joël Jégouzo, Urbuz)

Dans BiblioMonde

Le Juif Süss et la propagande nazie : un essai de Claude Singer

Le Juif Süss : un roman de Lion Feuchtwanger
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