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Voyage en Arméniepar Nane Carzou INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
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Jean Carzou Peintre, graveur, illustrateur français (1907-2000) Né à Alep (Syrie) le 1er janvier 1907 dans une famille arménienne, Jean Carzou - de son vrai nom Garnik Zouloumian - étudie d'abord chez les Pères maristes. En 1924, ses brillants résultats scolaires au lycée français du Caire (Égypte) lui valent une bourse de la communauté arménienne « Jean Carzou est né Garnik Zouloumian à Alep en 1907. Ses parents étaient partis d’Arménie pour s’éloigner de leurs familles qui désapprouvaient leur union. Il n’a que douze ans lorsque son père décède. Il quitte alors la Syrie avec sa mère et sa sœur pour s’installer en Egypte. Ce déchirement et la précarité dans laquelle vit toute la famille ne l’empêchent pas de faire d’excellentes études au lycée français du Caire : il commence là à tisser un lien avec la France qui n’a jamais été interrompu. (…) En 1924, Jean Carzou obtient une bourse de recommandation arménienne pour venir étudier à Paris à l’Ecole Spéciale d’Architecture. Il y excelle alors que la peinture le séduit déjà. Arrivant à Paris vingt-deux années plus tard, je devais, comme on dit en Chine, "me dorer" pendant deux ans, c’est à dire parfaire mes connaissances et ma pratique de la peinture occidentale, puis repartir dans mon pays. Pour Jean Carzou comme pour moi-même, la première visite a été pour les salles de peintures du Louvre. Il se précipite devant les toiles de Watteau, Le Lorrain et surtout Ingres. Il aimait raconter que ce dernier lui donna l’ambition de devenir peintre. » (extrait du discours de Zao Wou-Ki devant l’Académie des Beaux-Arts, 2003) « Ayant participé à différents salons, il présente sa première exposition particulière en 1939. Sa carrière est jalonnée de succès : une centaine de manifestations en France et à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et dans l’ex-URSS, ont permis à des publics différents d’approcher "ce témoin lucide des temps modernes", ce messager "visionnaire et magicien". Qu’il s’agisse de Venise, de la Provence, de "ports chimériques", de voies ferrées, de palais, de ruines ou de jardins oniriques, il est de ces artistes à la fois peintre, graveur, dessinateur qui marquent l’art du XXe siècle. Tapisseries des Gobelins, céramiques, participation à l’ornementation du "France", illustration d’ouvrages d’Hemingway, Eliot, Camus, Maurois, Mauriac, Ionesco, etc., réalisation de décors pour le théâtre et la chorégraphie (Les Incas, les Indes Galantes, Giselle, Athalie, Jeanne et ses Juges, etc.), Carzou est l’exemple même de "l’homme-poète" au sens où l’entendaient les Grecs. » (extrait de la notice de l’artiste, l’Académie des Beaux-Arts) « Carzou connaîtra nombre de consécrations, à commencer par le prix américain Hallmark, qui lui est attribué en 1949. Il fait en 1977 son entrée à l’Académie des beaux-arts, dessine lui-même le costume et l’épée et pourfend dans son discours d’intronisation la décadence des mœurs, le cubisme qu’il honnit, Picasso "qui n’est pas un peintre" et la modernité en général. En 1995, un musée est baptisé de son nom à Dinard. Les décorations fleurissent. Carzou était officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre du Mérite et de l’ordre des Arts et Lettres. Cette pluie d’étoiles n’aveuglait pas son rêve d’harmonie dans la simplicité des jours. De sa "philosophie" demeure un message de paix plus irréfutable que la traduction picturale qui le véhiculait ou les fondements moralistes dont l’artiste avait fait le socle de son œuvre. » (extrait d’un article de Dominique Widemann, L’Humanité, 22 août 2000) Après une longue carrière de peintre, graveur et décorateur de théâtre il s'était lancé, âgé déjà de 83 ans, dans une gigantesque Apocalypse dont il avait paré les murs de l'église de la Présentation à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Non pas l'illustration littérale de L'Apocalypse de Saint-Jean, mais "le climat de notre époque" peuplée d'horizons dévastés, de navires embrumés, de rails enchevêtrés et de blockhaus traduisant sa hantise de la guerre et de l'holocauste. Il y a notamment réalisé un superbe portrait de femme-arbre au visage de madone, délivrant au monde un message d'éternelle humanité. Père du réalisateur Jean-Marie Carzou, grand-père de l'écrivain et journaliste Louis Carzou, Jean Carzou était veuf de Nane depuis 1978. Il est décédé le 12 août 2000 à Périgueux (Dordogne) à l'âge de 93 ans. |
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