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Voyage au Maroc

par Edith Wharton

( Livre )
Gallimard
Collection L'Imaginaire
septembre 2001, 224 p., N°466, 7.95 euros
Première édition : Le Rocher - mars 1996
ISBN : 2070762890

Invitée par Lyautey, résident général de la République française, Edith Wharton découvrit le Maroc en 1917, à une époque où les voyageurs occidentaux étaient rares. Les recommandations dont elle bénéficia lui ouvrirent de nombreuses portes et lui permirent d'être le témoin des derniers instants d'une civilisation millénaire, avant que le Maroc ne s'ouvre au monde. Son témoignage est d'autant plus précieux qu'elle allie son don d'observation à une grande connaissance de l'histoire marocaine. Ses premières impressions de voyage furent publiées dans des journaux américains, avant d'être réunies en un volume en 1920.

« Souvent, l’obligée du Résident général oublie la République française pour s’intéresser au royaume chérifien et à sa civilisation millénaire.
Tout n’emballe pas notre Américaine. Femme libre, elle plaint beaucoup les séquestrées des nombreux harems qu’elle a visités à Fès et à Marrakech. Elle essaie de se mettre à la place de ces jeunes filles "aperçues un jour par un vizir adipeux, vendues pour une jolie somme et transférées dans cette sépulture peinte qu’est un harem". "On ne peut manquer, poursuit-elle, de se demander quelles pensées s’agitent sous les fronts voilés de ces petites créatures destinées au grand honneur du mariage ou du concubinage dans des palais marocains." Néanmoins, Édith Wharton n’en revient pas de pouvoir se déplacer librement dans un pays où, moins d’un siècle plus tôt, les pirates de Salé et de Tanger continuaient à arraisonner les navires européens et à vendre leurs passagers sur les marchés à esclaves de Fès et Marrakech. En 1917, il n’existait de guide touristique sur le Maroc. Édith Wharton prédit qu’après la guerre, les visiteurs étrangers vont affluer. Elle a conscience de voyager à un moment unique dans l’histoire du pays : "la brève période de transition entre sa sujétion presque totale à l’autorité européenne et le jour, très prochain, où les voyages modernes en feront une destination banale et encombrée."
Très à l’avant-garde en matière de relations publiques, Lyautey avait aussi invité de nombreux écrivains français dans le protectorat. Les frères Tharaud, Henry Bordeaux, Claude Farrère, en firent parfois trop à leur retour. Dépourvu de cocoricos gaulois, le témoignage d’Édith Wharton est unique dans son genre. Il constitue le complément indispensable du célèbre This was Marocco publié en 1908 par le journaliste anglais Walter Harris, un autre anglo-saxon fasciné par le royaume chérifien et les entreprises, en son sein, de la Troisième République laïque et égalitariste. Étonnant cocktail ! » (extrait d'un article de Jean de La Guerivière, Géopolitique africaine, 2001)


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