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Yaban

par Yakup Kadri Karaosmanoglu

( Livre )
Cent pages
Langue d'origine : turc
Traduit par Ferda Fidan
1989, 215 p., 18.15 euros

Collection Unesco d’œuvres représentatives, « Série européenne » - ISBN : 290672419X

Un roman qui décrit la mière des paysans d'Anatolie centrale dans les années 1920. L'œuvre qui a fait connaître le romancier turc.

« C’est l’histoire d’un jeune officier amputé d’un bras au cours de la Première Guerre mondiale qui se retire dans un petit village de la steppe anatolienne. À travers son journal intime nous découvrons la paysannerie turque qui vit dans la misère et dans l’ignorance. En fait il s’agit du regard d’un intellectuel citadin porté sur le paysan anatolien. L’abîme qui sépare celui-ci de l’intellectuel est souligné par l’auteur tout au long du récit, non pas comme une conséquence des conditions historiques et sociales mais comme une faute de l’intelligentsia ottomane : “La cause de tout cela, intellectuel turc, c’est encore toi ! Qu’as-tu fait pour ce pays en ruine et cette misérable masse humaine ? Pendant des années, pendant des siècles, tu as sucé son sang et tu l’a rejeté sur la terre dure comme un fruit pressé, puis tu t’es trouvé le droit d’en être dégoûté. ” Depuis Yaban qui suscita un débat dont les retombées continuent encore à diviser les intellectuels turcs sur les politiques du développement, toute une génération d’écrivains d’origine paysanne, éduqués dans les instituts ruraux, prit la relève pour décrire la réalité sociale anatolienne. » (Nedim Gürsel, extrait de la La littérature turque contemporaine, Les Belles étrangères, 1993)

Yaban (l'étranger) : ce roman qui ouvrit véritablement la voie à la littérature dite «  paysanne » a été publié à Istanbul en 1932. Il a été traduit du turc par Ferda Fidan. Préface de Nedim Gürsel.

« La publication en 1932 deYaban, son livre le plus célèbre, déclencha une vive polémique en Turquie, une partie des critiques l’ayant accusé d’avoir voulu dénigrer le paysan turc. L’auteur se défendit contre ces attaques en attribuant la responsabilité de la misère de l’Anatolie à la classe dirigeante citadine et aux intellectuels, qui l’ont toujours négligée et exploitée. Ainsi, pour Y. K. Karaosmanoglu, Yaban est "un cri dans le désert" ».

 
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