BiblioMonde

Finlande « finlandisation », Union soviétique...

par

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
.

Le terme de « finlandisation » a été inventé en 1953 par Karl Gruber (ministre autrichien des Affaires étrangères). Il a été repris par l'Allemand Franz Joseph Strauss pour dénoncer les dangers de l'Ostpolitik allemande, et désignant les limitations imposées par un État puissant à l'autonomie d'un voisin plus faible. Processus par lequel, sous le couvert de maintenir des relations amicales avec l'URSS, un pays voit sa souveraineté diminuer. La Finlande s'est insurgée contre ce terme.

« Ce terme est souvent utilisé, de façon péjorative, pour désigner la situation de la Finlande comme celle d'un État sans politique extérieure, une sorte de protectorat, statut à peine plus enviable que celui de démocratie populaire.

On a en effet pu croire en 1947 que la Finlande deviendrait une démocratie populaire : forte présence des communistes dans le gouvernement, voisinage immédiat de l'URSS, fait qu'elle refuse "avec regrets" le Plan Marshall, "pour raisons politiques et géographiques", traité de coopération et d'assistance mutuelle signé en avril 1948.
Cependant la situation était différente de celle de l'Europe orientale :

- Elle a échappé à une occupation ennemie, et donc n'a pas été libérée par l'Armée Rouge ou par une résistance intérieure animée par les communistes; elle n'a pas non plus été occupée par les Soviétiques lors de la contre-attaque de l'été 1944.

- Ses institutions et son armée sont sorties intactes de la guerre.

- Il est possible que les Soviétiques aient d'abord surestimé la puissance des communistes finlandais (le quart des suffrages après la guerre), puis décidé de ne pas forcer les choses lorsque les communistes eurent échoué, étant donné l'instabilité de la situation internationale. De plus, les communistes sont très vite exclus des postes-clés du gouvernement.

L'ensemble de la population aspirait en outre à conserver une indépendance durement acquise. Le traité négocié en avril 1948 n'impose à la Finlande que de repousser une agression contre l'URSS qui emprunterait son territoire, mais elle n'est pas tenue de la faire en dehors de son territoire. Il est aussi expressement mentionné dans le préambule que la Finlande souhaite rester en dehors des conflits d'intérêts entre les Grandes Puissances.
La Finlande a ainsi un statut particulier. Pays neutre, elle n'est pas gouvernée par le parti communiste et le communisme peut y être librement critiqué. C'est une démocratie libérale où le multipartisme, la liberté de vote et les libertés individuelles sont garantis. La Russie et les pays du COMECON sont des partenaires économiques privilégiés (près du quart des échanges dans les années 1970), mais plus de la moitié du commerce finlandais se fait avec les pays occidentaux et la Finlande est membre des grandes institutions internationales :

- La Finlande entre à l'ONU en décembre 1955. Elle se place d'office dans le bloc des pays scandinaves et prend part à toutes les actions de développement et de maintien de la paix de l'ONU. Cette orientation trouve son couronnement avec l'Acte final de la première Conférence sur la Sécurité et le Désarmement (CSCE) signé à Helsinki en 1975.

- Elle est associée à l'AELE lors de sa création en 1959, puis rejoint l'OCDE en 1961.

- La Finlande entre dans le Conseil Nordique (créé en 1954) à la fin des années 1950, malgré l'opposition initiale de l'URSS : trois pays de l'OTAN (le Danemark, l'Islande et la Norvège) faisaient partie de ce conseil, à vocation économique : il établit une libre circulation des travailleurs entre les pays.  » (extrait du site d’Émilia Robin, ENS)



 
© BiblioMonde.com