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Grecs pontiques : diaspora, identité, territoires

par Michel Bruneau (direction de l'ouvrage)

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
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« Les Grecs pontiques nous apparaissent alors comme une population de langue grecque et de religion orthodoxe installée à l'époque moderne aux marges de l'empire ottoman et de l'empire des tsars. Commerçants, mineurs, agriculteurs, ils sont très tôt présents et actifs dans tous les ports de la mer Noire. Au dix-neuvième siècle, l'expansion russe vers le sud, qui s'accompagne du départ d'une bonne partie des populations musulmanes des régions annexées, facilite l'implantation de nombreux Grecs pontiques dans les territoires acquis par les Russes, ce que favorise le tsar, soucieux tant de mettre en valeur que de contrôler ces zones stratégiques. Dans le même temps, la situation de ceux d'entre eux qui sont restés dans les territoires sous contrôle ottoman se dégrade, la sublime porte voyant en eux, non sans raisons, les plus fervents soutiens de l'expansion russe, ce qui ne fait que stimuler l'émigration vers les territoires sous autorité russe. La première guerre mondiale ne fait qu'attiser les conflits. En 1916 puis en 1923 des massacres de populations grecques sous autorité turque provoquent un exil massif vers les territoires de l'ancien empire russe, ou vers la Grèce. La population pontique est alors coupée en deux segments dont les histoires vont diverger. Ceux que leur choix, ou les hasards de la guerre et des traités, ont conduit en Grèce, au nombre d'environ de 400 000, seront souvent dirigés vers la Macédoine et la Thrace, régions récemment récupérées par la Grèce sur la Turquie et vidées de leurs habitants musulmans. De là beaucoup partiront entre 1950 et 1975 vers l'Amérique, l'Allemagne ou l'Australie. Ceux qui se sont réfugiés en Russie seront nombreux à devoir affronter un nouvel exil, quand, en 1937-38 puis en 1944-49, le gouvernement de l'Urss décide de transférer les Grecs de Russie vers des Kolkhozes d'Asie centrale ou des goulags sibériens. Certains se rapprocheront de la mer Noire après 1956, quand les déportés recevront l'autorisation de quitter leur lieu d'exil, d'autres s'implanteront sur les lieux de leur déportation. Depuis l'effondrement de l'Urss, les Grecs pontiques d'URSS sont extrêmement nombreux à venir s'installer en Grèce, soit dans le nord du pays, soit dans les faubourgs d'Athènes. Environ 60 000 d'entre eux seraient venus s'installer en Grèce entre 1988 et 1994, non sans que l'intégration sociale de ces populations, dont les membres souvent ignorent le grec, ne pose problème. » (extrait d'un article de P. Rygiel, Actes de l'histoire de l'immigration)





 
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