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Jérusalem, Le sacré et le politique

par Farouk Mardam-Bey (direction de l'ouvrage), Elias Sanbar (direction de l'ouvrage)

( Livre )
Sindbad
Collection Bibliothèque arabe
2000, 354 p., 21.19 euros

ISBN : 2742729151

Un ouvrage collectif, faisant appel à des spécialistes : André Miquel, Henry Laurens, Salah Stétié, Youakim Moubarac , Monique Chemillier-Gendreau ... traitant successivement des aspects religieux, historiques et politiques de la ville.

L’édition de poche (9 euros)

S'il existe une « question de Jérusalem », et si cette question est réputée difficile, voire insoluble, c'est qu'on y mêle toujours le sacré et le profane, le religieux et le politique, si bien qu'elle se trouve repoussée hors du champ d'application des principes du droit international. Le présent ouvrage se propose de revisiter l'histoire mouvementée de Jérusalem, surtout depuis l'avènement de l'Islam, non pour revendiquer une quelconque prééminence d'un monothéisme sur les deux autres, mais, au contraire, pour mieux souligner la vocation universelle et plurielle de la ville trois fois sainte. Vocation contrariée de nos jours, du fait de la politique israélienne d'annexion et de colonisation, mais qu'une solution équitable, dont les grandes lignes sont ici esquissées, pourrait enfin favoriser.

« Les dix contributions rassemblées visent en effet à "étayer la revendication palestinienne, et plus généralement arabe, d’une ville plurielle" et par la même occasion de battre en brèche la mainmise – symbolique et territoriale – d’Israël sur sa capitale "éternelle et indivisible".

Pour cela, les auteurs font preuve d’un louable effort d’érudition au sujet d’une ville où le mythe, l’imagerie d’Épinal et l’approximation historique l’emportent trop souvent sur l’exactitude. On nous rappelle ainsi pourquoi exactement Jérusalem est la troisième ville sainte de l’islam. Plus que cela encore puisque, au tout début de l’islam, les fidèles devaient prier dans sa direction, et qu’à la fin des temps le prophète Jésus est censé y apparaître. Salah Stétié, dans ce même texte, restitue bien l’importance de Jérusalem dans l’imaginaire musulman. Chaque étape de l’histoire musulmane de la ville est longuement traitée par un spécialiste de la période en question. Mais globalement, les auteurs n’échappent pas à l’écueil qu’ils avaient pourtant annoncé vouloir éviter en introduction : échapper à toute vision ethnico-religieuse, dissocier le droit du sacré par souci de clarté et de "rationalité" du débat. La longue et exhaustive toponymie religieuse de la ville dressée par Youakim Moubarac ne peut s’empêcher de conclure au caractère très "partiel" de la présence juive à Jérusalem. Une fois de plus, l’histoire, aussi sérieuse soit-elle, est au service de "l’idéologie, cette déformation imaginaire du réel" comme le déplore pourtant la juriste Monique Chemillier-Gendreau qui dénonce à juste titre la manipulation des séquences historiques choisies par chaque partie (l’israélienne en l’occurrence) et considérées comme fondatrices de droit. (…)

Dommage que les auteurs n’aient pas jugé utile d’entrer plus dans les détails car, contrairement aux politiques, ils ne sont pas soumis à la pression de la rue et des sondages d’opinion. Dommage aussi que ce que l’ouvrage gagne en cohérence, il le perde en diversité à cause de l’absence de tout débat avec la partie "adverse". Dommage enfin que ce recueil austère ne rende pas compte de ce qui rend cette ville vivable et attachante – ses habitants, la beauté de ses paysages et la douceur de sa pierre – à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le terrible choc des religions.  » (extrait d'un article de Christophe Ayad, Libération)

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Notre dossier sur Jérusalem


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