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Les phénomènes ultras en Italie

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« Né dans le contexte effervescent du tournant des années 1970, le mouvement ultra affichait plutôt, à ses débuts, une idéologie de gauche, en consonance avec les événements de 1968. Les années 1980, ont été marquée tout à la fois par une montée de la violence (qui ne se souvient du drame du Heysel en 1985 ?) et par une atténuation des références politiques, même si les groupes se réclamant d'une idéologie d'extrême droite s'imposent progressivement dans les gradins. Mais, hormis quelques cas où l'obédience partisane primait sur l'attachement au club, les références extrémistes relevaient de la provocation et de la surenchère tout autant, sinon plus, que de convictions solidement ancrées. Dans la décennie 1990, à une période où la peur de l'Autre, la xénophobie, les mouvements de crispation identitaire (tel la Lega Nord) gagnent en influence, les gradins de plusieurs stades italiens deviennent des tribunes de l'extrême droite; on y brandit désormais, sans vergogne, des symboles fascistes. Face à cette poussée, seuls quelques groupes ultras, tel celui de Livourne qu'évoque Sébastien Louis, opposent une idéologie d'extrême gauche en consonance avec l'altermondialisme.

Parallèlement, nous dit l'auteur, les grands groupes ultras (avec leur code de l'honneur qui s'impose des "affrontements loyaux" avec leurs adversaires) sont concurrencés par de petites bandes belliqueuses de "cani sciolti" (chiens enragés). Alors que le supporterisme à l'italienne, avec ses chorégraphies somptueuses, était un modèle de soutien ritualisé que l'on opposait volontiers au hooliganisme à l'anglaise, voici donc que l'on assisterait à une anglicisation d'une frange significative de la tifoseria. » (extrait de la préface de Christian Bromberger)





 
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