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La gangrène et l'oubli : La mémoire de la guerre d'Algérie

par Benjamin Stora

RESUME

« Les "événements" ou "opérations" d'Algérie sont officiellement désignés en France, comme "guerre" depuis le 21 septembre 1997… Une reconnaissance tardive qui ne fait pas disparaître ce qu'ont été si longtemps, de ce côté de la Méditerranée, les "mécanismes de fabrication de l'oubli de ce conflit inavouable". Ce sont ces mécanismes que Benjamin Stora faisait apparaître en 1991, et dont certains demeurent : le refus de reconnaître la réalité de la torture et des exécutions sommaires, le refus de reconnaître le triste sort fait aux harkis ou l'accueil peu chaleureux fait par la métropole aux rapatriés. C'est aussi la "frénésie" qui accompagne, en Algérie, la commémoration de la guerre que Stora met en lumière. Une frénésie qui n'en finit pas d'occulter des pans entiers de la lutte pour l'indépendance, qu'ils soient politiques, diplomatiques ou philosophiques. Un frénésie qui a fondé une légitimité militaire étatique et entretenu une culture de guerre qui n'est pas sans incidence sur la "guerre ouverte" que connaît aujourd'hui le pays. "Guerre sans nom" pour les Français, et pour les Algériens "révolution sans visage". En dénonçant ses "durcissements" de mémoire, Benjamin Stora participe à l'écriture de l'histoire de la guerre d'Algérie et, sans doute, comme il l'espère, favorise, ici et là-bas, l'apparition d'un processus d'apaisement. » (A.My, Le Monde des poches 4 décembre 1998)



 
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